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13
mai

Les défendeurs de la chaussures moderne/ Modern shoes defenders

English follows

Peu de scientifiques ou de professionnels de la santé défendent encore les chaussures de jogging modernes (big sulky shoes, chaussures technologiques maximalistes). Un des plus tenaces, mais attention connaisseur en la matière, Kevin A. Kirby, Podiatre (Adjunct Associate Professor, Department of Applied Biomechanics, California School of Podiatric Medicine) continue de s’exposer comme un fervent défenseur du maximalisme. J’ai connu Kevin sur les blogues tels que Podiatry Arena et Podiatry Today, et je dois dire que ses connaissances élaborées sur les questions entourant la chaussure de course à pied en font un coriace débatteur. Je ne suis pas d’accord avec certaines de ses opinions, mais respecte l’homme et les idées qu’il défend scientifiquement.

Kevin a récemment publié un article sur http://www.podiatrytoday.com/barefoot-versus-shod-running-which-best et avait déjà exposé « les 10 faits que les défenseurs de la course pied nus ne parlent jamais ». Voici nos réponses en bleu!

Kevin A. Kirby : Voici quelques faits qui semblent n’être jamais mentionnés par les défendeurs de la course pieds nus :
1. Tous les records mondiaux actuels sur piste, route et cross-country ont été faits en chaussures et non pieds nus.
R: Avec des chaussures très minimalistes pour 90% de ces records. (zéro dénivelé pour les « spikes » (pointes), tous très légères, aucun support pour toutes ces chaussures, …)

2. Aucun marathon international n’a été gagné par un coureur pieds nus (courant la course entièrement pieds nus) depuis plus de 50 ans.
R: C’est la preuve que l’homme moderne est complètement accro aux chaussures et à un certain degré de protection… Ce n’est pas la preuve que c’est meilleur.  (Même parallèle avec l’obésité… normalité et généralité ne veulent pas dire meilleur! 60% des Nord-Américains ont un surpoids pondéral… et ce n’est pas une chose que je recommande.)

3. La « chaussure minimaliste » n’est rien de nouveau et a toujours été disponible dans les magasins de chaussures de course depuis les 40 dernières années et se nomment des « racers ».
R: Oui mais les vendeurs de chaussures les recommandaient seulement aux jeunes coureurs rapides et légers… 3% de la population des coureurs… et 3 % des ventes il y a 2 ans et plus. Une chance que la mode du « minimalisme » change les pratiques, et permet enfin une plus grande ouverture d’esprit des détaillants!

4. Abebe Bikila a gagné le marathon Olympic de Tokyo en 1964 en brisant le record du monde en un temps de 2:12:11, en chaussures, en courant 7 secondes de mieux par mile que ce qu’il avait fait au marathon Olympic de Rome en 1960 qu’il a couru pieds nus.
R: Oui et 4 ans plus tard il était blessé (fracture de stress causée par une attaque talon engendrée par ses chaussures? Qui sait? I’m just guessing :) ) . Vous pouvez comparer les performances sur piste… mais pas comparer des marathons différents (conditions environnementales, côtes…).

5. Zola Budd, qui a brisé le record du monde au 5000 mètres en courant pieds nus, préfère maintenant les chaussures en disant: « Je ne cours plus pieds nus. En vieillissant, j’ai eu des blessures aux  ischio-jambiers. J’ai découvert que porter des chaussures me donnait plus de support et protection contre les blessures. »
R: Opinion personnelle et peut-être fausse idée… Certains coureurs ont débuté le pied nu pour les mêmes raisons avec succès! Croyez-vous que la chaussure diminue le stress sur l’ischio-jambier? Croyez-vous que les chaussures coussinées diminuent le stress sur une autre partie que le pied lui-même et la partie postérieure de la jambe?

6. Une chaussure à orteils séparées et à semelle mince comme une Vibram Five Fingers n’a rien de nouveau. Le Marathon de Boston de 1951 a été gagné par le coureur Japonais Shigeki Tanaka qui portait une chaussure à orteils séparées et semelle mince faite par Onitsuka Tiger (maintenant ASICS)
R: Aucun commentaire… où est le problème?

7. Six recherches scientifques publiées dans des revues scientifiques (examinées par des pairs) montrent que la course pieds nus augmente la vitesse de la force d’impact (vertical loading rate) comparée à la course en chaussure (Dickinson, 1985; Komi, 1987; Lees 1988; Oakley, 1988; DeClercq, 1994; DeWit, 2000).
R: Vous oubliez Cole-1995, De Koning-1993, McCarthy-2011(UP), O’Leary-2008 pour votre hypothèse… Mais aussi d’autres études montrant l’inverse  (Lieberman 2010, Divert 2004, Hamill 2011)
La plupart de ces études montrant une augmentation de la vitesse de force d’impact -VLR- pieds nus sont faites avec des coureurs habitués de courir en chaussures… qui courent soudainement pieds nus… avec quelques essais sur un court corridor (20 à 30 mètres)… avec souvent aucun changement (ou pas assez) dans leur biomécanique (ces coureur continuent, volontairement ou non, la majorité du temps, d’attaquer du talon)
Les coureurs habitués à la course pieds nus ont clairement moins de « vitesse de force d’impact » -VLR- (Lieberman 2010, Squadrone-2009)

8. La course pieds nus provoque une augmentation de l’accélération tibiale (McNair PJ, Marshall RN: Kinematic and kinetic parameters associated with running in different shoes. Br J Sp Med, 28:256-260, 1994).
R: Encore ici une seule et unique étude avec 10 sujets habitués de courir en chaussures… ne changeant que subtilement leurs kinématiques durant les tests, entre les conditions pieds nus et avec chaussures. Pourquoi ne pas nommer ‘Shorten 2002′ (revue de littérature) ou Kerrigan 2009 (chaussures augmentent le ‘joint torques’ aux genoux et hanches) ou ‘Braunstein 2010, Shakoor 2006, Bergmann 2010′ (chaussures augmentent le stress sur le genou) ou autres utilisant des extensomètres, des puces intra-articulaires, des accéléromètres, … et montrant des résultats différents (Rethnam 2011, Hamill 2011, Lieberman 2010, Bergmann 2010, Divert 2004, 1996 Hennig)?

9. Le meilleur chercheur au monde en biomécanique de course et en biomécanique de chaussure de course, Dr. Benno Nigg, a fait une étude prospective qui a conclu qu’il n’y avait aucune différence significative sur l’incidence des blessures en course à pied entre des sujets avec une haute-, moyenne-, basse- force d’impact et que les sujets avec une haute force d’impact avaient de façon significative moins de blessures reliées à la course comparé aux sujets qui avaient une moins grande force  d’impact (Nigg BM. Impact forces in running. Current Opinion in Orthopedics, 8(6):43-47, 1997). Dr. Nigg mentionne de plus : « actuellement, il n’y a pas de preuve concluante que la force d’impact durant la course talon-orteil est responsable du développement de blessures reliées à la course à pied. » (Nigg BM: Biomechanics of Sports Shoes. University of Calgary, Calgary, 2010. p. 32.)
R: Je suis partiellement en accord avec Nigg… mais à nouveau nous devons considérer toutes les autres études sur ce sujet surtout si publiées après la date de publication de son livre (2011-Zadpoor, 2010-Davis(UP)… and 2006-Millner, 2006-Dixon, 2005-Zifchock, 2005-Divert, 2005-Dallam, 2005-Hreljac, 2004-Arendse, 2003-Mercer, 2000-Hreljac, 2000-Razeghi, 1995-Nigg). Juste pour votre information, les conclusions de Dr Nigg sont aussi sur la non-efficacité de l’absorption des chaussures à prévenir les blessures! 

10. La course pieds nus augmente la rotation tibiale interne comparé à la course en chaussures… Ceci suppose que la pronation de l’arrière-pied et les blessures associées à la pronation excessive de l’arrière-pied peuvent être augmentées par la course pieds nus (Eslami M, Damavandi M, Allard P: Foot joints and tibial kinematic coupling patterns during stance phase of barefoot versus shod running. J Biomech, 39:S183, 2006.
Fukano M, Nagano Y, Ida H, Fukubayashi T: Change in tibial rotation of barefoot versus shod running. Footwear Science, 1:19-23, 2009.)
R: Pure correlation… pas de causalité! La pronation et la rotation tibiale interne ne sont pas une cause claire de blessures (2009(RS)-Barton, 2009(SR)-Zammit, 2008-Grau, 2008-Donoghue, 2008-Srcevic, 2007-Wilson, 2006-Cheung, 2005(R)-Hreljac, 2005(R)-Knutson, 2002(R)-Gurney, 2001-Nigg, 2000-Hreljac, 2000-Razegi, 1998-Hintermann, 1997-Wen, 1997-Stergiou, 1994-Hintermann) et quelques auteurs pensent que la chaussure augmente la pronation (Stacoff-2001, Hamill-1992, Heil-1999) et peut changer l’alignement du genou (Radzimski(RS) 2011, Chen 2010, Kerrigan 2009, Burkett 1985, Chen 2010).

11. Il n’y a aucune étude scientifique qui démontre que la course pieds nus ou en chaussures minimalistes réduit le risque de blessures. Cependant, le taux de fractures de stress au niveau des métatarses chez les coureurs faisant la transition vers la course pieds nus ou vers la chaussure minimaliste (comme les Vibram Five Fingers) est alarmant.
R: Alarmant? On utilise des cas anecdotiques sans preuve scientifique (sauf une étude à 2 sujets : Giuliani 2011) pour détourner l’attention du fait que la promotion des chaussures modernes, technologiques et maximalistes (90% du marché) n’est supportée par aucune littérature scientifique montrant un bienfait quelconque dans la prévention des blessures. Ceci dit, je suis d’accord qu’une transition trop rapide vers le minimalisme ou le pied nu est risquée pour les tissus fragilisés par le port fréquent des chaussures modernes maximalistes. 

Kevin A. Kirby, DPM
Adjunct Associate Professor
 Department of Applied Biomechanics
 California School of Podiatric Medicine

R: Blaise Dubois, PT, MSc Candidate, RCAMT, SPD

 

English

Very few scientists or health professionals still defend modern running shoes (big bulky ones). However, a one of them is a very tenacious, but good expert in the subject; Kevin A. Kirby, Podiatrist (Adjunct Associate Professor, Department of Applied Biomechanics, California School of Podiatric Medicine) keeps exposing himself as a fervent modern running shoes advocate. I know Kevin from blogs like Podiatry Arena and Podiatry Today, and I have to say that his elaborate knowledge on questions surrounding running shoes make him a great debater. I don’t agree with some of his opinions but I respect the man and the ideas he scientifically defends.

Kevin recently published an article on http://www.podiatrytoday.com/barefoot-versus-shod-running-which-best and already had exposed « the 10 facts that barefoot running defenders never speak about ». Here are our answers in blue!

Kevin A. Kirby:
Here are some facts that the barefoot running advocates seem to never mention:

1. All the current world records in track, road racing and cross-country were set, not barefoot, but in shoes.
A : With very minimalist shoes for 90% of them. (zero-drop for spikes, very light and no support for all these shoes)

2. No international marathon has been won by a barefoot runner (running the whole race barefoot) for the last 50 years.
A: That’s a proof that modern men are completely addicted to shoes and to a certain degree of protection… it’s not the proof that it’s better (Same parallel with obesity… normality and generality don’t mean better… 60% of north-Americans are overweight… and it isn’t something I recommend.)

3. « Minimalist shoes » are nothing new and they have been continuously available in running shoe stores for the past 40 years. They were called « racing flats » for the past40 years.
A: Yes, but the running shoe retailers recommend this type of shoe only to the skinny fast young runners… 3% of the runners and 3% of sales up until 2 years ago. Good thing that this new trend of « Minimalism » is changing minds, and is allowing for a better open-mindedness from retailers!

4. Abebe Bikila won the 1964 Tokyo Olympic Marathon, breaking the world record in a time of 2:12:11, while in shoes, running 7 seconds per mile faster than he had in the 1960 Rome Olympic Marathon where he ran barefoot.
A: Indeed, and 4 years later he was injured (stress fracture caused by his new heel strike pattern induced by the shoes? Don’t know… just guessing :) ) . You can compare track performance… but not different marathons (environmental conditions, hills, …).

5. Zola Budd, who broke the women’s 5,000 meter world record while barefoot now prefers shoes saying: “: “I no longer run barefoot. As I got older, I had injuries to my hamstring. I found that wearing shoes gives me more support and protection from injuries.”
A: Personal feeling and maybe misconception… Some runners successfully switched to barefoot running for exactly the same reasons! Do you think that shoes decrease mechanical stress on the hamstring? Do you think that big bulky shoes decrease the stress on any other part of the body than the foot and the lower part of the leg?

6. Split-toe, thin-soled running shoes, such as the Vibram FiveFinger are nothing new. The 1951 Boston Marathon was won by a Japanese runner, Shigeki Tanaka, wearing a split-toe, thin-soled running made by Onitsuka Tiger (now Asics).
A: No comment… what’s the problem?

7. Six scientific research studies published in peer-reviewed journals show that barefoot running increases the vertical loading rate -VLR- compared to shod running (Dickinson, 1985; Komi, 1987; Lees 1988; Oakley, 1988; DeClercq, 1994; DeWit, 2000).
A: You forgot Cole-1995, De Koning-1993, McCarthy-2011(UP), O’Leary-2008 for your assumption … but also other studies saying the opposite (Lieberman 2010, Divert 2004, Hamill 2011). Most of the studies showing an increase of VLR are done with runners used to shod running…suddenly running barefoot… few trials on a short runway of 20 to 30m… with often no change (or not enough) in their biomechanics (most of the time, these runners, keep heel striking, voluntarily or not). Runners used to run barefoot have clearly less VLR (Lieberman 2010, Squadrone-2009).

8. Barefoot running causes increased tibial acceleration (McNair PJ, Marshall RN: Kinematic and kinetic parameters associated with running in different shoes. Br J Sp Med, 28:256-260, 1994).
A: One more time, a single study with 10 people used to shod running… with small and subtle kinematic differences between barefoot and shod conditions. Why not to name ‘Shorten 2002′ (review) or ‘Kerrigan 2009′ (shoes increase joint torques at the knee and hips) or ‘Braunstein 2010, Shakoor 2006, Bergmann 2010′ (shoes increase stress on the knee) or other studies using extensiometers, intra-articular chips, accelerometers,… and showing different results (Rethnam 2011, Hamill 2011, Lieberman 2010, Bergmann 2010, Divert 2004, 1996 Hennig).

9. The world’s leading researcher in running biomechanics and running shoe biomechanics, Dr. Benno Nigg, did a prospective study that found no significant differences in frequency of running injuries between subjects with high-, medium-, or low-impact peaks and that subjects with higher loading rates had significantly fewer running-related injuries when compared to subjects with lower loading rates (Nigg BM. Impact forces in running. Current Opinion in Orthopedics, 8(6):43-47, 1997). Dr. Nigg further claims that “Currently, there is no conclusive evidence that impact forces during heel-toe running are responsible for development of running-related injuries.” (Nigg BM: Biomechanics of Sports Shoes. University of Calgary, Calgary, 2010. p. 32.)
A: I agree with most of Nigg’s statement… but still we need to consider all the other studies on that topic, especially those made after the publication of his book (2011-Zadpoor, 2010-Davis(UP)… and 2006-Millner, 2006-Dixon, 2005-Zifchock, 2005-Divert, 2005-Dallam, 2005-Hreljac, 2004-Arendse, 2003-Mercer, 2000-Hreljac, 2000-Razeghi). Just for your information, the conclusion of Dr Nigg is also suggesting the non-effect of shoe cushioning to prevent injuries.

10. Barefoot running increases internal tibial rotation vs shod running, meaning that rearfoot pronation and injuries associated with excessive rearfoot pronation may be increased in barefoot running (Eslami M, Damavandi M, Allard P: Foot joints and tibial kinematic coupling patterns during stance phase of barefoot versus shod running. J Biomech, 39:S183, 2006.
Fukano M, Nagano Y, Ida H, Fukubayashi T: Change in tibial rotation of barefoot versus shod running. Footwear Science, 1:19-23, 2009.)

A: Pure correlation… not causation! Pronation and internal tibial rotation are not clear causes of injuries (2009(RS)-Barton, 2009(SR)-Zammit, 2008-Grau, 2008-Donoghue, 2008-Srcevic, 2007-Wilson, 2006-Cheung, 2005(R)-Hreljac, 2005(R)-Knutson, 2002(R)-Gurney, 2001-Nigg, 2000-Hreljac, 2000-Razegi, 1998-Hintermann, 1997-Wen, 1997-Stergiou, 1994-Hintermann). Some authors think that shoes increase pronation (Stacoff-2001, Hamill-1992, Heil-1999) and can change the knee alignment (Radzimski(RS) 2011, Chen 2010, Kerrigan 2009, Burkett 1985, Chen 2010)

11. There is not one shred of scientific research that shows that running barefoot or running in minimalist shoes reduces the risk of injury. However, the rate of stress fractures in the metatarsals is alarming of those runners who switch to running barefoot or running in “minimalist shoes”, such as the Vibram FiveFingers.
A: Why alarming? Anecdotic cases without scientific evidence (except a study on 2 subjects: Giuliani 2011) are used to draw attention away from the fact that promoting modern running technologic and maximalist shoes (90% of the current market) is not supported by any scientific evidence showing their benefits in preventing running injuries. That being said, I am convinced that a too quick transition towards minimalism or barefoot running can be harmful for tissues weakened by frequent wearing of modern maximalist running shoes.

Kevin A. Kirby, DPM
Adjunct Associate Professor
Department of Applied Biomechanics
California School of Podiatric Medicine

A: Blaise Dubois, PT, MSc Candidate, RCAMT, SPD

 

20
avr

Marathon de Boston 2012 / 2012 Boston Marathon

English follows

Mon nom est Lee-Manuel, de La Clinique Du Coureur. De retour d’un beau pèlerinage au Marathon de Boston avec quelques amis, le week-end n’a été en rien comme on s’y attendait.

Après plusieurs mois de préparation, de petits détails bien pensés, nous sommes arrivés là-bas avec la ferme intention de gagner… sur nous-mêmes bien sur! Les papillons au ventre ne cessent jamais à l’arrivée dans cette belle ville sportive, même après y avoir couru à quelques reprises.
Toutefois ces papillons se sont vite changés en chenilles quand nous avons appris les prévisions météo pour la course: plus de 28 degrés! Une bonne partie des coureurs ont dû se remémorer quelques mauvais souvenirs d’entraînement de longue sortie en de telles conditions… bref ça a fait peur à au moins 4000 inscrits qui se sont désistés avec l’offre sans précédent de l’organisation du Marathon de reporter leur inscription à l’an prochain sans frais. Un geste très brillant de la part du « Boston Athletic Association » qui, malgré une grande perte monétaire, a fait réfléchir plusieurs coureurs sur la gravité de la situation. Les coureurs non qualifiés et moins expérimentés (dont l’inscription est acceptée pour un minimum de 2500$ de dons de charité amassés) qui étaient plus à risque devaient être en autre ciblés par cette campagne.

La course a été lancée comme prévue avec sans doute quelques détails ajoutés par rapport à la chaleur. En plus des stations d’eau/Gatorade et de gels de glucides habituels, je soupçonne l’organisation d’avoir distribué des verres et des bouteilles d’eau aux dizaines de milliers de spectateurs présents pour les transformer en bénévoles! Il y avait sans cesse (ou presque) des verres d’eau offerts aux coureurs ainsi que des quartiers d’orange. Plus de la moitié de ces verres d’eau ont servi de douches refroidissantes (par chance …) tandis que les oranges ont probablement sauvé beaucoup de réserves glycogéniques. Plusieurs jets d’eau et des bornes fontaines ont fait beaucoup de bien aux athlètes. La température a atteint les 31 degrés, mais sans trop d’humidité heureusement. La sueur s’évaporait sur notre peau ce qui permettait au corps de respirer un peu mieux.

Mon expérience a été enrichissante du point de vue connaissance de capacités corporelles: les réactions face au manque d’eau et d’électrolytes était rapidement palpables de même que la température corporelle changeante quand le besoin de s’arroser se faisait sentir. C’est la beauté de courir un marathon selon moi, une communion intense avec son corps. J’ai pu bénéficier des conseils d’avant course de Lorelle (rencontrée dans un restaurant), une triathlète qui a connu le Ironman d’Hawaï dans des températures similaires. La casquette blanche constamment arrosée était un « must » ainsi que le dépôt de glace à l’intérieur du short de course (quand la glace était offerte sur le parcours) étant donné la grande circulation sanguine qui passe par là. Ce dernier truc a été particulièrement « éveillant » dans les moments difficiles, je recommande! Plusieurs coureurs ont aussi vécu des problèmes de pieds (ampoules, ongles noirs…) à cause des souliers mouillés par l’eau aspergée. Mes chaussures étaient légères, respirantes, longuement testées et avaient une large cage à orteils ce qui m’a permis de compléter l’épreuve sans douleurs aux pieds, ni ampoules. Pas de chance pour mon amie qui a dû dire adieu à la moitié de ses ongles d’orteils pour les prochains mois! La crème solaire ainsi que le « Body Glide » ont fait leur travail ainsi que les pansements pour couvrir les mamelons (un classique).

L’épreuve a été gagnée avec 9 minutes de différence par rapport à l’an dernier. Mais la grande gagnante est l’organisation du Marathon qui a dû gérer plus de 2100 cas médicaux dans sa grande « medical tent » à l’arrivée. J’ai lu qu’il y avait eu un cas d’arrêt cardiaque mais heureusement le coureur a été sauvé.
Et c’est mon grand étonnement de cette chaude journée: par rapport aux nombreux décès survenus récemment dans différents marathons ces dernières années, comment la statistique n’a-t-elle pas été malmenée avec 31 degrés au thermomètre du Marathon de Boston 2012? Ce fait a évidemment été un soulagement pour tous les coureurs et l’organisation.

Et vous, quelle a été votre expérience de cette course?

English

I’m Lee-Manuel, from The Running Clinic, back from a very nice pilgrimage to the 2012 Boston Marathon with some friends. The run this year was nothing like we expected.

After many months of preparation, small details gone over, we arrived in Boston with the firm intention to win… on ourselves of course! Butterflies in the stomach never cease when getting to this marvelous sport city, even after a few times running it.
However, these butterflies quickly changed back to caterpillars when we heard about weather forecast for race day: more than 28 degrees Celsius (82 farenheit). A good part of all runners probably reminded some long runs memories under these conditions, so 4000 registered entrants never took the start and went for the Marathon organization unprecedented offer to report their registration to next year’s race. A brilliant move from B.A.A. (Boston Athletic Association) who, despite profits loss, made many runners reconsider the gravity of the situation. The less experimented and non-qualified entrants (accumulating a minimum of 2500$ in charity for entering the race) who were more at risk were targeted by this campaign.

The race was launched as planned with probably some extra precautions regarding the heat situation. In addition to usual water/Gatorade and carbohydrate gels stations, I suspect the organization to have distributed water bottles and glasses to many of the thousands of spectators to turn them into fortuitous volunteers! There were glasses of water constantly (or almost) handed to runners as well as slices of orange. More than half of these glasses of water were used as cooling showers (luckily …) while oranges more likely saved a lot of glycogen reserves. Many water jets and spraying standpipes helped athletes to keep cool. Temperature reached 31 degrees Celsius (88 farenheit), but fortunately humidity was low so the sweat on our skin could dry and let our body breathe a little better.

The race has been a rewarding experience for me in terms of knowledge of body capacity: body reactions facing the lack of hydration and electrolytes were quickly palpable as well as changing body temperature when the need of cooling was felt. This is the beauty of running a marathon to me: an intense communion with our body. I could benefit from the tips of Lorelle (met in a restaurant), a triathlete who did the Hawaii Ironman under similar temperature conditions. The white hat constantly kept wet was a must and I also learned about ice dropped in shorts during the race (when offered by fellow spectators) which is a useful cooling trick because of the high blood flow that comes through this area. This last one was particularly « awakening » in difficult moments, I recommend! Many runners also had feet problems (blisters, black toes, …) because of the wet shoes from pooring water. My shoes were light, breathable, long tested and also had a wide toe box which allowed me to complete the race without foot pain or blisters. My friend didn’t have this chance and had to say goodbye to half of her toenails for the next months! Sunscreen and « Bodyglide » were essential as well as band-aids over nipples (a classic).

The race was won with a 9 minutes difference from last year. But the true winner this year is the Marathon organization who managed to treat more than 2100 runners at their medical tent at the arrival. I read that there has been one cardiac arrest case and fortunately the runner was saved. And this is my biggest astonishment of this hot day: beside the numerous deaths that occured in different marathons the last years, how didn’t the statistic get battered with 31 degrees at the 2012 Boston Marathon’s thermometer? This fact has been for sure a relief for all runners and the organization after the race.
How was YOUR experience with this race?

22
mar

Débat sur la chaussure, Vancouver- 26 janvier 2012/ Vancouver’s Footwear debate – january 26th 2012

English follows

Le débat sur la chaussure de course de Vancouver était formé d’un panel plutôt inhabituel, peut-être un signe que les courants de pensée sont en train de changer. Voici un résumé des exposés que chacun des membres du panel a présenté lors des 5 minutes qui leur étaient allouées ainsi que les extraits vidéo (en anglais) de ces présentations que vous pourrez ensuite voir sur le site CoreRunning.com EN CLIQUANT ICI.

Jack Taunton, au CV impressionnant, a présenté quelques-unes de ses dernières recherches qui semblaient démontrer un avantage certain de porter des chaussures minimalistes comparativement à des chaussures traditionnelles pour le traitement des fasciapathies plantaires chroniques et des entorses de cheville. Une étude comparant les chaussures minimalistes aux chaussures traditionnelles sera prochainement publiée, mais Dr Taunton est resté discret sur les conclusions… À venir!

Adam Janke a présenté une série d’articles scientifiques bien intéressants et a mis l’emphase sur la mobilité articulaire à la cheville plutôt que le renforcement comme pré requis à la transition vers la chaussure minimaliste. Il a soulevé le point que les restrictions de mobilité pouvaient être engendrées par les chaussures à talon plus élevé. Il faudrait donc aussi favoriser le port de chaussures plus minimalistes dans la vie de tous les jours pour que les adaptations soient plus durables.

Curb Ivanic considère que la chaussure est un facteur secondaire dans la prévention des blessures comparativement aux charges d’entraînement et aux antécédents de blessures. Son bagage d’entraîneur fait en sorte qu’il préconise la variété des stimuli (surface, vitesse, intensité, mouvements) dont les chaussures. La question des qualités de protection de la chaussure dans les changements de biomécanique en état de fatigue (ex : fin de marathon) a aussi été soulevée.

Le discours de Joseph Stern était le seul réellement en faveur de la chaussure technologique moderne. Malgré le fait que sa position était difficile à défendre d’un point de vue scientifique, il a tout de même su soulever des questions intéressantes tel que « Pourquoi changer les chaussures modernes si elles fonctionnent? ». Le point fort de son argumentation reste la question du « fitting ». En effet, dans ce moment de transition de l’industrie, les choix des chaussures minimalistes restent encore peu nombreux pour accommoder toutes les formes de pied.

Jon Teipen avait comme mandat d’exposer la vision de la compagnie Brooks, qui tente de satisfaire les demandes autant des coureurs désirant sentir le sol que ceux recherchant des qualités d’absorption. Son discours montre que l’objectif de Brooks est principalement de répondre aux demandes de tous les coureurs, et non de tester leurs chaussures afin d’offrir au public les chaussures les plus efficaces dans la prévention des blessures. Il nous a tout de même allumé avec une étude prospective de 5 ans à venir sur le sujet, en collaboration avec Dr Hamill et Bruggerman… on verra bien!

Étant le dernier conférencier à prendre la parole, Blaise Dubois a demandé à l’auditoire pourquoi le port de grosses chaussures absorbantes et technologiques a pris d’assaut les moeurs des coureurs depuis à peine quelques décennies. En exposant la science actuellement connue, il a tenté de démontrer que ces mauvaises habitudes ne sont pas fondées sur des données probantes et qu’il est grand temps de les changer. Il conclut ensuite en présentant les quelques exceptions qui l’amènent comme clinicien à prescrire ces grosses chaussures absorbantes et technologiques à certains coureurs.

English

The composition of the experts panel was somewhat unusual at the running shoes debate in Vancouver, BC. This is maybe a sign of things to come as health professionals start changing their mind. Here is a summary of each panel member’s presentation and the corresponding video, as everyone was allowed only 5 minutes to communicate their opinion. Then you can watch the actual videos on CoreRunning.com by CLICKING HERE.

Showing an impressive resume, Jack Taunton presented a few of his latest research projects. Findings suggest that there may be advantages of wearing minimalist shoes compared to traditional running shoes for treating chronic plantar faciapathies and ankle sprains. An interesting study comparing minimalist shoes to traditional shoes will be shortly published, but Dr Taunton remained discrete about the conclusions… Stay tuned!

Adam Janke presented several interesting scientific papers emphasizing on adequate ankle range of motion instead of strength as a pre-requisite for the transition to minimalism. He also brought that mobility restrictions could be caused by elevated heel shoes. According to Adam, one would benefit from wearing more minimalist shoes in the everyday life in order to stimulate more durable adaptations.

Curb Ivanic considers that running shoes are a secondary factor in the prevention of injuries compared to training regimen and history of injury. His experience as a coach brings Curb to favour the variety of stimulation (surface, speed, intensity, movements) including shoes. The question of running shoes protection utility for biomechanical changes caused by exhaustion (e.g. the end of a marathon) was also brought up.

Joseph Stern‘s speech was really the only one favouring modern technologic running shoes. Despite the fact that his position was quite difficult to defend from a scientific point of view, he brought some interesting questions such as: « Why change modern running shoes if they work?  » His strong point was clearly the shoe fitting. Indeed, the industry being in a transition phase, the variety of minimalist shoes remains limited for accommodating every foot shape.

Jon Teipen was sent by Brooks to expose the company’s vision, which tries to satisfy runners who prefer to « feel » the ground as well as those who like to « float ». His speech showed that Brooks’ objective is clearly to satisfy all runners and not to evaluate their shoes in order to offer shoes that are more efficient in the prevention of injuries. He did tease the crowd and panel when he mentioned his company’s participation to a 5-year prospective study to come in collaboration with Drs Hamill and Bruggeman… we will see!

As the last speaker, Blaise Dubois asked the audience why wearing big absorbing and technological shoes took over runners practices for the last few decades. By exposing current known science, he attempted to demonstrate that these bad habits are not based over evidence and that it is time to change them. He then concludes by presenting the few exceptions that, as a clinician, bring him to prescribe these big absorbing and technological shoes to some runners.

9
mar

Affiches-guide pour chaussures de course/ Guide posters for running shoes

English follows

La Clinique Du Coureur vient de finaliser la conception de 3 affiches qui expliquent ce qu’est une chaussure minimaliste et quand la prescrire. L’objectif de ces affiches est d’informer le public sur le bon choix de chaussures de course à pied et de donner des outils basés sur les données probantes actuelles connues aux professionnels. Notez que les recommandations sont très conservatrices (type de chaussure et temps de transition suggéré) et qu’elles sont construites pour changer les pratiques actuelles aberrantes.

Il est malheureusement encore véhiculé par plusieurs organisations (ex: le Runner’s World de mars) que le choix d’une chaussure est relatif :
- Au type de pied (chaussures pour pronateur, neutre ou supinateur)
- Au poids de l’individu (plus ou moins de support et d’absorption dans la chaussure)
- À la vitesse des individus (chaussures de type racer, light trainer ou entraînement)

Or, la science ne supporte aucun de ces critères et en invalide même certains. La science nous oriente par contre assez bien sur l’influence qu’ont différents types de chaussures sur la biomécanique et secondairement le stress appliqué sur certains tissus. Les recommandations en fonction de l’expérience du coureur, du type de blessures et du désir ou non de performer y trouvent donc beaucoup plus de sens.

L’affiche #1 explique les critères qui font d’une chaussure une chaussure minimaliste. Ces critères ont aussi un ordre de priorité et une explication vulgarisée.
Affiche #1 (français)

L’affiche #2 est l’organigramme de prescription détaillé que les professionnels peuvent utiliser. Tout est rigoureusement justifié… mais sa complexité nécéssite parfois un peu de coaching.
Affiche #2 (français)

L’affiche #3 est la version simplifiée pour les coureurs qui se demandent quel type de chaussure ils devraient se procurer.
Affiche #3 (français)

English

The Running Clinic just finalized the conception of 3 posters that explain what is a minimalist shoe and when to prescribe it. The objective over these posters is to inform the public on the right choice of running shoes and to provide current evidence based tools to professionals. Note that the recommendations are very conservative (shoe types and suggested transition time) and that they are meant to change current aberrant practices.

It is unfortunately still professed by several organizations (ex: march 2012′s Runner’s World) that the choice of a running shoe is linked to:
- Foot type (shoe for pronator, neutral or supinator foot)
- The runner’s weight (more or less support and cushioning in the shoe)
- The runner’s speed (racer, light trainer or trainer type shoe)

But, science does not support any of these criteria and even invalidates some. On the other hand, science does guide us very well on the influence that different types of shoes have on biomechanics and also over the applied stress on certain tissues. Recommendations according to the runner’s experience, injury type, or the wish or not to improve performance are found with much more sense.

Poster #1 explains the criteria that make a shoe a minimalist shoe. These criteria also have a priority order and a vulgarized explanation.
Poster #1 (english)

Poster #2 is the organization chart of detailed prescription that professionals can use. Everything is rigorously justified… but its complexity sometimes requires a bit of coaching.
Poster #2 (english)

Poster #3 is the simplified version for runners who question themselves about which shoe they should choose.
Poster #3 (english)

1
mar

Discours de Simon Bartold analysé/ Simon Bartold’s speech analysed

English follows

Les commentaires du débat sur la chaussure tenu à Austin au Texas en décembre 2011 ont fait énormément jaser sur notre blog. Les défenseurs et les opposants des chaussures minimalistes (chaussures de jogging se rapprochant de la course pieds nus) ont étalé leurs arguments avec passion en fonction de leurs croyances, de leur expérience, mais peu se sont servis avec honnêteté de la science.

Après analyse approfondie de la vidéo intégrale de la conférence de Simon Bartold (consultant ASICS) au congrès canadien des détaillants indépendants à Austin-Texas en décembre 2011, voici à nouveau la vidéo mais additionnée de commentaires et critiques par Blaise Dubois de La Clinique Du CoureurMC . Ce matériel didactique hautement éducatif est mis à disposition des professionnels de la santé, de l’entraînement et surtout des détaillants spécialisés de la chaussure de course à des fins éducatives. Vous remarquerez, au visionnement de ce vidéo, que les arguments scientifiques sont parfois difficiles à marier avec les arguments marketing… à moins de construire sa propre science, de la déformer ou de la choisir avec soin. Nous espérons que cette vidéo amènera une réflexion plus élaborée sur la science qui entoure les chaussures de course à pied. Bonne écoute!

Français

English

Comments over the debate on footwear held in Austin-Texas in december 2011 brought a lot of feedback. Defenders and opponents of minimalist footwear (running shoes that bring sensations close to running barefoot) have displayed their arguments with passion in accordance to their believes and their experience, but very few have used honest science to show and prove their point.

So here it is! The integral conference given by Simon Bartold (ASICS consultant) at the Independent Running Retailers of Canada congress in Austin, TX in December of 2011 is now available with comments and critics added throughout the video by Blaise Dubois from The Running ClinicTM. This highly educative content is made available to health professionals, fitness instructors and especially to shoe retailers for educational purpose. When watching this video, you will notice that scientific arguments are often difficult to mix with marketing arguments, unless you build your own science, deform real science or choose it carefully. We hope that this video will bring people to have a deeper reflection on all the science about running shoes. Enjoy!

English

8
fév
Calves Stretching

Étirement des mollets / Calves stretching

English follows

Pourquoi La Clinique Du Coureur recommande-t-elle d’éviter le plus possible les étirements des mollets chez le coureur?

1) C’est le muscle le plus souvent claqué chez le coureur de fond et de demi-fond. Nous devrions dire même qu’il est pratiquement le seul. Les données scientifiques actuellement disponibles nous amènent donc à recommander d’éviter les étirements avant ou pendant une activité à contractions musculaires rapides… comme le jogging.

2) L’amplitude nécessaire en course à pied n’est pas aussi importante que l’amplitude dans laquelle on étire notre mollet. En d’autres mots, on étire au-delà de ses besoins ce qui est inutile et potentiellement néfaste.

3) D’un point de vue performance, une certaine raideur (leg stiffness) est souhaitable pour diminuer le travail musculaire du triceps sural (mollet) et augmenter le retour élastique (énergétiquement peu coûteux et beaucoup plus efficace).

Nous recommandons d’étirer le mollet dans des conditions pathologiques particulières, pour des individus particuliers et à des moments précis comme le soir avant de se coucher. Pour plus d’infos, ne manquez pas nos conférences grand public!

English

Why does The Running Clinic recommend to runners to avoid as much as possible to stretch calves?

1) It’s the most often strained muscle in distance and middle-distance runners. We should even say that it is practically the only one. Current available scientific datas bring us to recommend to avoid stretching before or during an activity that involves quick muscular contractions… like jogging.

2) The amplitude needed when running is not as important as the amplitude in which we stretch our calf. In other words, we stretch beyond our needs which is unnecessary and potentially harmful.

3) In a performance point of view, a certain leg stiffness is desirable to reduce the  muscular work of the triceps surae (calf) and to increase springback (energetically less costing and way more efficient).

We recommend to stretch calves in specific pathological conditions, for particular individuals and at precise moments like at night before going to bed. For more information, don’t miss our general public conferences!

5
jan

10 bonnes raisons de courir en grosses chaussures / 10 good reasons to run in big bulky shoes

English follows

Vous avez bien lu le titre! La Clinique Du Coureurmc est une des meilleures références en matière de prévention des blessures en course à pied et nous continuerons de prodiguer les meilleurs conseils. Nous vous présentons aujourd’hui 10 bonnes raisons de courir en chaussures TAP (Talon surélevé, Absorbant et/ou technologie anti-Pronateur).
En effet, nous recommandons à un certain pourcentage des coureurs de porter des chaussures TAP. Il faut pour cela présenter 3 critères:
1- Je cours avec les mêmes chaussures depuis plus d’un an et suis pleinement adapté(e) à ces dernières (je cours régulièrement).
2- Je ne suis jamais blessé(e).
3- Je n’ai aucun intérêt à améliorer mes performances.

Ceci correspond à moins de 10% des coureurs.
Un autre 1% de la population des coureurs devrait aussi porter ces chaussures pour son élévation au talon, sa rigidité, son absorption, sa décharge de points de pression, etc. Les conditions particulières qui justifient ce choix sont:

4- J’ai une condition de douleur aiguë (moins d’un mois) de la chaîne postérieure (mollet, tendon d’Achille, tibia postérieur, fascia plantaire)
5- J’ai une métatarsalgie ou un syndrome du coussinet graisseux (talalgie) chronique qui ne répond pas au traitement conservateur et à l’approche par adaptation tissulaire.
6- Je suis diabétique avancé(e) et présente des neuropathies périphériques importantes.
7- Je suis un(e) coureur(se) de « trail » qui fait des ultra-trails de nuit et quand je cours de nuit je suis incapable de voir les reliefs du sol et de me protéger biomécaniquement avec une mécanique adéquate.
8- J’ai eu un traumatisme qui a résulté d’un pied pathologique extrêmement rare comme par exemple une fracture complexe (mal consolidée) d’un métatarse avec angulation plantaire ou encore une chirurgie de fixation de l’articulation métatarsophalangienne de l’hallux.
9- J’ai eu une paralysie neurologique affectant de façon notable la force du triceps sural.
10- Je suis un Esquimau qui fait du jogging sur des morceaux de glace pointus à -40 degrés Celsius.

En conclusion, une majorité de coureurs ne devrait pas chausser de chaussures TAP pour courir (préférer des chaussures plus minimalistes)! Avez-vous d’autres raisons valables qui vont au-delà du « je les ai payées trop cher pour m’en débarrasser » ou « je suis attaché(e) psychologiquement à leur couleur »?

English

You’ve read the title well! The Running Clinic™ is the best reference about the prevention of running injuries and we’ll keep giving the right tips. Today we are presenting 10 good reasons to run in PECH shoes (Pronation control and/or Elevated Cushioned Heel).
Indeed, we will recommend to a certain percentage of runners to wear PECH shoes. There are 3 criterias the runner should meet for this recommendation:

1- I’ve been running with the same shoes for more than a year and I’m completely adapted to these (I run on a regular basis).
2- I’m never injured
3- I have no interests in improving my performances.

This corresponds to less than 10% of all runners.
Another 1% of the running population should also wear this type of shoe for its high heel, its stiffness, its absorbing features, its capacity to unload pressure points, etc. The special conditions to justify this choice are:

4- I have an acute pain condition (less than a month) of the posterior chain (calf, Achilles tendon, posterior tibia, plantar fascia).
5- I have metatarsalgia or chronic fat pad syndrome (talalgia) that doesn’t react to conservative treatment and tissue adaptation approach.
6- I’m an advanced diabetic and show important peripheral neuropathies.
7- I’m a trail runner who runs night ultra-trails and when I run overnight I am unable to see the landforms and biomechanically protect myself with proper mechanics.
8- I’ve had a trauma that resulted to an extremely rare pathological foot, for example a complex fracture (badly consolidated) of a metatarsal bone with plantar angulation or also a surgical fixation of the hallux metatarsophalangeal joint.
9- I’ve had a neurological paralysis significantly affecting the triceps surae.
10- I’m an Inuit that runs on sharp ice chunks at a -40 degrees Celsius (-40 degrees Farenheit).

In conclusion, a majority of runners should NOT wear PECH running shoes (wear more minimalistic shoes instead). In fact, do you have any reasonable arguments other than « I paid too much to get rid of them » or « I’m psychologically attached to their color »?

31
déc

Courir sur la neige / Running on snow

English follows

L’hiver est là. Quelques coureurs saisonniers en profiteront pour se régénérer et penser à autre chose pendant que les mordus se frottent les mains à l’idée de courir enfin en situation de fraîcheur avec un beau lit blanc pour accueillir leurs pas. Avec les vêtements adéquats (pas trop chauds et pas trop froids), il est possible de vivre une superbe saison de course.

La course sur la neige l’hiver a beaucoup d’avantages mais aussi quelques inconvénients auxquels il faut faire attention.
Les avantages sont:
1- Atterrir sur la neige tapée irrégulière est un excellent stimuli pour tout ce qui touche la proprioception et la stimulation des muscles stabilisateurs.
2- Cette saison est souvent la suite de la saison morte et de la période des résolutions… Profitez-en pour changer vos mauvaises habitudes! (chaussures, nutrition, type d’entraînement, …)
3- C’est un bon moment d’intégrer en douceur les chaussures plus minimalistes (plusieurs excellentes avec des crampons de trail) et un patron de course plus léger et plus efficace. La neige glissante vous entraînera automatiquement à faire de plus petits pas pour ne pas glisser et la nature irrégulière de la neige permettra de passer d’une attaque talon à une attaque mi-pied en douceur.
4- La joie de courir sans se préoccuper des coups de chaleur.

En revanche, il faut faire attention aux dangers suivants:
1- Dans le dernier segment de la foulée, la poussée amène le pied à glisser davantage. Ceci qui produit un léger effet « slingshot / toe off » en flexion plantaire (le pied pointe exagérément) ce qui peut amener des problèmes de pied, de tendon d’Achille voir de dos.
2- Danger d’engelures par grands froids. Il faut bien se couvrir le visage.
3- Danger de « brûler » les voies respiratoires si plus froid que -15C à -20C.

Il est important de toujours être progressif dans ce changement de saison car la nouvelle surface amène un changement de biomécanique aussi petit soit-il. La Clinique Du Coureur vous recommande donc de couper votre volume de course en 2 pour les premières neiges et prendre 2 à 3 semaines pour revenir à votre volume régulier. Il serait important de favoriser le volume plutôt que la vitesse en cette saison car en plus des changements biomécaniques induits par les nouvelles surfaces, le froid et les efforts intenses semblent incompatibles sur certains points : l’échauffement des muscles, tendons et articulations est plus laborieux et augmente substantiellement le risque de claquages, tendinites et douleurs articulaires tandis que la respiration haletante pourrait irriter voire brûler les voies respiratoires. Donc profitez de cette belle saison pour vous faire une base en volume et vous renforcer en courant sur des surfaces molles et instables en chaussures ou en raquettes!

Bon hiver!

English

Winter is here. Some seasonal runners will take this time off to regenerate themselves and to think about something else as the passionate runners are rubbing their hands with the idea of running in fresh cold weather on a white welcoming winter bed. With adequate clothing (not too warm, not too cold) it is possible to enjoy a superb running season.

Running on snow has many advantages but also some disadvantages that we have to be careful with.
The advantages are:
1- Landing on irregular flattened snow is an excellent stimulus for everything that touches proprioception and stimulation of stabilizer muscles.
2- This season is often next to the off-season and the resolutions period… Use it to change your bad habits! (shoes, nutrition, training type,…)
3- It is also a good time to integrate smoothly more minimalist shoes (lot of them with excellent trail crampons) and a lighter and more efficient running gait. The slippery snow will automatically get you to run with smaller strides to avoid skidding and the irregular nature of the snow will allow to switch from heel to midfoot strike way easier.
4- The joy of running without worrying about heatstroke.

In revenge, we have to pay attention to the following dangers:
1- In the last segment of a foot stride, the push brings the foot to skid on the snow. This produces a slight « slingshot / toe off » effect in plantar flexion (foot exaggeratedly pointing) which can bring foot, Achilles tendon, and also back problems.
2- Danger of frostbites with very cold weather. Run with face well covered.
3- Danger to « burn » your airways if colder than -15C to -20C. (5F to -4F)

It is important to always be progressive in this season change because the new surface brings even very little biomechanics changes. Therefore, The Running Clinic recommends to cut your running volume in half for the first snowfalls and to take 2 to 3 weeks to come back to your regular training. It is also important to privilege running volume rather than speed during winter because in addition to biomechanical changes inducted by new surfaces, cold and strong efforts seem incompatible on certain points: Warming up muscles, tendons and joints is more laborious and substantially increases the risks of pulled muscle, tendinitis, joint pain… and the cold air gasping could irritate or burn your airways. So use winter for good volume training and to strengthen up by running on soft uneven surfaces in shoes or snowshoes!

Enjoy winter!

8
déc

Débat sur la chaussure, Austin-Texas / Austin-Texas debate on footwear

English follows

Panélistes :

Simon Bartold : podiatre, Consultant pour ASICS International Research.
Force : excellent orateur, habitué de présenter devant une audience de détaillants de chaussures.
Faiblesse : biaisé par sa position.

Blaise Dubois, physiothérapeute
Force : connaît bien l’ensemble de la littérature sur le sujet.
Faiblesse : présente la controverse dans un langage qu’il maîtrise mal (l’anglais) devant une audience de détaillants.

Daniel Crumback, physiothérapeute
Force : clinicien à l’avant garde qui amène toujours à la réflexion… fait le pont pratique entre la science et la réalité des détaillants de chaussures.

NB : L’objectif de ce rapport-ci n’est pas de démarrer une guerre d’égo, mais plutôt de clarifier l’essentiel de ce débat scientifique pour ne pas laisser une fois de plus les auditeurs dans l’ignorance.

Les points sur lesquels tous s’entendent
-       La cause des blessures en course à pied est relative à des facteurs d’entraînement bien avant la chaussure
-       Le corps est adaptable, il est unique et différent pour chaque individu
-       L’importance dans la vente de chaussures est la personnalisation… éviter le « one size fit all »
-       Les détaillants ont un rôle déterminant sur le consommateur par leurs compétences élaborées, non pas seulement en fitting, mais aussi en en tant qu’acteur de première ligne. Ils sont les mieux placés pour  donner des conseils relatifs à la santé, à la course à pied en général, à l’entraînement, à la prévention des blessures, …

Ce que nous avons appris de Simon

-       Simon a encore une fois réussi à faire croire à tous que sa compagnie était un leader de recherche en étant associée à plein d’universités…
-       Sans dire directement que la chaussure traditionnelle classique (nimbus… cumulus…) prévenait les blessures, il semblait convaincu que ces chaussures étaient meilleures pour (?)… des facteurs biomécaniques précis (mais non en lien avec les blessures)
-       Selon lui, c’est trop difficile de faire une étude directement sur les blessures, ce qui justifie l’absence de littérature de leur part sur le sujet. (Note : certains études en cours par chercheur indépendant sont présentement en cours à Boston, Afrique du sud et Québec… à suivre)

Les questions importantes pour Simon… auxquelles il n’a pas répondu

-       Est-ce que la personne qui débute un programme de course en Nimbus a plus ou moins de chance de se blesser que celle courant en Piranha ?
-       À partir de quel âge devrions-nous recommander des chaussures traditionnelles (Big bulky shoe)? Que met-on aux pieds de nos jeunes enfants ?

Résumé du débat

Blaise : « Je connais bien Daniel et nous sommes presque sur la même longueur d’ondes relativement à la chaussure… Le débat était donc plus avec Simon. Nos idées sont dramatiquement opposées. Je pensais qu’il serait un bon débateur grâce à ses connaissances de la littérature… j’ai réalisé que c’était un excellent débateur qui argumente sans grandes évidences scientifiques. »

Simon a franchement gagné le débat. Il connaît bien la recette.

1. Valoriser l’auditoire et faire accepter avec humour le biais commercial important qui unit le conférencier
2. Discréditer les concurrents et ce qu’ils ont exposé
3. Justifier ses points avec une littérature scientifique parfois floue, complexe ou biaisée mais qui semble acceptable
4. Finir avec une phrase magique qui revalorise l’auditoire « it’s not true that one size fit all »

Blaise :  «Simon a été d’un point de vue scientifique très malhonnête. Son discours n’aurait pas tenu 2 minutes devant une audience de scientifiques. Mais comme conférencier, il est très à l’aise et sait bien amener son point. Dommage qu’il ne parle pas français… J »

 

En reprenant chacun des points que Blaise défendait lors du débat public de Montréal quelques mois auparavant, son exposé était construit sur : reprendre une citation de Blaise, mentionner que son« bullshit-o-meter » était dans le rouge et présenter un contre argument.

Blaise : « Je suis bon joueur… son bullshit-o-meter était drôle… je me suis senti bien populaire d’être plus cité que l’ensemble des autres auteurs qu’il a mentionnés»

 
Ses contre-arguments scientifiques, résumé en 7 articles, faisaient référence à des articles parfois non existants, souvent non pertinents et surtout toujours unique (l’exposition d’un seul article montrant son point quand 10 autres non exposés montrent le contraire)

 

Blaise :  « Les 7 articles cités dans son exposé étaient loin de la réalité de la littérature. On peut toujours trouver un article qui dit OUI et un autre qui dit NON. C’est important d’avoir un regard de l’ensemble de ce qui s’écrit. Par exemple, il a mentionné à plusieurs reprises l’étude de Clark-2011 (NB Clark travaille pour ASICS sports Medicine Research Fellow Centre for Health) pour montrer que les chaussures diminuaient la force d’impact… Une étude non existante sur les banques de données et montrant le contraire de 10 autres ! Ou celle de Kinchington cité comme preuve que la bonne sélection des chaussures prévient les blessures et est plus confortable… pour 40 joueurs de rugby… oui-oui, de rugby. Pour moi, c’est vraiment sous-estimer la capacité de réflexion et de discernement de l’audience. Autant il aura marqué des points durant sa conférence, autant il perdra sa crédibilité lorsque la conférence sera analysée. (un vidéo sera prochainement présenté et commenté) »

 
Le plus comique de tout ça est qu’il a fini sa présentation en faisant un superbe pitch publicitaire. Il a présenté la technologie qui va prochainement sortir chez Asics, en mentionnant que ça respectait l’anatomie du pied, les axes de mouvement… bref une autre idée magique qui sera mise sur le marché sans aucune évidence scientifique en faisant croire que c’est la meilleure chaussure au monde et que la recherche et développement en arrière justifient son prix élevé…

Blaise :  « On se revoit en mars pour un débat en Australie… mon anglais ne sera pas meilleur mais l’audience plus variée et MON « bullshit-o-meter » allumé !»

Lee Manuel Gagnon

 


 

English

 

Panellists:

Simon Bartold: podiatrist, ASICS International Research Consultant
Strengths: Excellent speaker, used to present in front of audiences of retailers.
Weakness: Biased by his position (ASICS)

Blaise Dubois, physiotherapist
Strength: Knows well the literature on the subject.
Weakness: Presents controversy in a language that’s not his (English) in front of a retailers audience.

Daniel Crumback, physiotherapist
Strength: Clinician at the avant-garde that always brings people to think…

NB : The objective here with this report wasn’t to start an ego war but to clarify the essence of this scientific debate

 

Points where everyone agrees

-       The cause of injuries running is related to training factors more than to shoes.
-       The body is adaptable and unique
-       The importance in shoe selling is the personalization… avoid the « one size fits all »
-       Retailers have a determinant role on consumers by their elaborate competences not only in fitting but also by being the front line players. They have the main spot to give tips related to health, running in general, training, injuries prevention, …

What we learnt about Simon

-       Simon again succeeded to make everyone believe that the company he works for (ASICS) is a leader in research by being associated to many universities around the world.
-       Without directly saying that traditional shoes prevent from being injured, he seemed convinced that his shoes were better for (?)… precise biomechanics factors (but not related with injuries).
-       According to him, it is too difficult to do a study oriented specifically on injuries, which justifies to them the absence of literature on the subject. (note: some protocols are presently undergoing by independent researchers in Boston, South Africa and Québec… to follow)

 

Important questions for Simon that he did not answered

-       Does the person that starts a running program in a pair of Nimbus (big shoe from ASICS) has more or less chances to get injured than running in a pair of Piranhas (ASICS’s most minimal shoe)?
-       At what age should we recommend a traditional shoe? What should our children wear?

Debate recap

Blaise : “I know Daniel well enough and we are almost at the same page when speaking about running shoes… The debate was so more against Simon. Our ideas are dramatically opposed. I thought he was going to be a good debater relying on his knowledge of literature… I realized that he’s an excellent debater that argues without good look on literature.”

Simon has frankly won the debate. He knows the recipe really well.

1. Valorize the audience and, with humour, make them accept the important commercial bias which the speaker is involved with.
2. Discredit opponents and what they exposed.
3. Justify his points with complex, biased, unclear scientific literature but that seems acceptable
4. Finishing with a magic quote to revalorize the audience like “It’s not true that one size fits all”

Blaise :  “Simon hasn’t been honest on a scientific point of view. His speech would not have held 2 minutes in front of a scientific audience. But as a speaker he is very comfortable and knows how to do to share his point. Too bad he doesn’t speak French!J “
 

By commenting on every points that Blaise defended at the KMag’s debate in Montreal, his presentation was to pick a citation from Blaise, then mention that his “bullshit-o-meter” was in the red zone and to present a counter-argument.

Blaise : “I’m a good player… his bullshit-o-meter was funny… I felt very popular to be cited more than all the other authors that he mentioned.”

 
His scientific counter-arguments were referring to 7 articles sometimes not existing, often non-pertinent, and especially always single (exposing only one article showing his point when 10 others show the opposite)
 

Blaise : “ The 7 articles quoted in his presentation were far from literature’s reality. We can always find an article that says YES and another that says NO. It is important to have a look on all what’s written. For example, he mentioned many times the study of Clark-2011 (note that Clark works for ASICS Sports Medicine Research Fellow Centre for Health) to show that shoes lowered impact force. A study that is non-existing on databases and showing the opposite than 10 others.” Or the one from Kingchinton cited as proof that the god selection of shoe prevents injuries and is more comfortable… for 40 Rugby players… yes… Rugby. To me this is really under-estimating the capacity of reflexion and discernment of the audience. As much as he  scored points during his presentation, as much he will lose his credibility when the conference will be analysed. (a video will be soon presented and commented) »

 
The funniest thing in all this is that he used his presentation (at the end of it) by giving a superb scoop to all the retailers showing a new technology that ASICS will soon promote, mentioning that it was going to represent foot’s anatomy with its axis of movement… another magic idea that will be put on the market without any scientific evidence and making the consumers believe that it is the best shoe in the world and that research and development behind it justify its high price.

Blaise :  “We will meet again in Australia… my English is not going to be better but the audience will be more varied and MY “bullshit-o-meter” will be well turned on. “

22
nov

Préalables au minimalisme / Minimalism prerequisites

English follows

La mode du minimalisme en Amérique du nord est en train de gagner une majorité de coureurs informés. Même si une très grande majorité de scientifiques et de professionnels de la santé ou entraîneurs sont d’accord avec le concept, certains sont d’avis que l’individu qui désire faire un transfert vers le pied nu ou la chaussure minimaliste doit répondre à certains pré-requis.

Plusieurs sont convaincus qu’il faut d’abord apprendre à bien courir (Chi running, Pose technique, Evolution running, FBG, …) avant de s’orienter vers le minimalisme. Ces défenseurs de la « technique » sont convaincus qu’il est essentiel de minimiser les forces d’impact (apprendre à courir tout en légèreté) ou d’intégrer des particularités techniques, comme diminuer l’attaque talon, avant d’enlever ou de minimiser la chaussure. Cette opinion vient de l’idée que minimiser l’interférence n’est pas suffisant en soit pour amener les corrections biomécaniques essentielles à la protection du squelette.

Une autre école de pensée promue par les professionnels de la santé est qu’il faut s’assurer d’avoir certaines qualités physiques comme des amplitudes de mouvements minimales (cheville en dorsi-flexion et extension de l’hallux), un minimum de force-endurance (fléchisseurs plantaires -monter sur la pointe des pied) et une bonne proprioception (capacité de se maintenir en équilibre sur une jambe) avant de pouvoir minimiser l’interface de la chaussure.

L’opinion de la Clinique Du Coureur est que même s’il est intéressant d’avoir ces pré-requis, nous ne pensons pas qu’ils sont essentiels à une transition vers le minimalisme (chaussures plus près du sol ou pieds nus). Comme le facteur limitant pour la majorité des gens dans le processus d’adaptation est la tolérance tissulaire et non pas les amplitudes, la force ou la proprioception, Blaise Dubois recommande d’être simplement progressif dans sa transition et de faire confiance au processus d’adaptation sur tous les points. Cela veut dire qu’au moment où nous porterons une chaussure minimaliste, si on fait une transition douce et progressive, le corps gagnera en amplitude, en force et en proprioception et améliorera sa biomécanique de façon induite par la chaussure et non pas de façon volontaire. La Clinique Du Coureur a une expérience clinique qui réfère à plusieurs milliers de prescriptions de chaussures minimalistes avec parfois comme seuls conseils d’être progressif et d’écouter son corps…

Pour réussir sa transition vers le minimalisme, voici les 3 points essentiels:

A. Progressivité : Utiliser la règle des « 1 minute maximum » de plus par jour est une des meilleures manières de faire cette transition. À chaque sortie, en début d’entraînement, on enfile nos chaussures minimalistes pour courir une minute de plus que l’entraînement précédant… avant de rechausser nos chaussures traditionnelles.

B. Écoute : Les 5 structures anatomiques fragilisées par une chaussure traditionnelle seront aussi les structures les plus à risque de se blesser. Il faut donc bien écouter son corps et être éveillé aux symptômes produits par le mollet, le tendon d’Achille, le dessous du pied (fascia plantaire et têtes métatarsiennes) et le dessus du pied (os métatarsiens). Dans le cas de nouvelle douleur, c’est que vous allez trop vite.

C. Bon choix : Dans l’objectif que la chaussure n’interfère pas avec la biomécanique naturelle, les sensations neurologiques du pied ou les adaptations tissulaires, la chaussure minimaliste devra respecter certains critères. En ordre d’importance, voici les priorités :

1- Le « fit anatomique » (ajustement adéquat pour minimiser les points de pression sur votre pied et vos orteils)
2- Interférence minimale (la pente et l’épaisseur devront être minimales pour diminuer l’interférence entre le pied et le sol)
3- Flexibilité optimale (la chaussure devrait offrir une bonne flexibilité dans tous les plans mais principalement au niveau de l’avant-pied et de têtes métatarsiennes)
4- Éviter les technologies de contrôle du mouvement (le moins possible de supports technologiques pour augmenter la stabilité tels les coupoles calcanéennes rigides, les renforts anti-pronateurs, les élargissement de la semelle extérieure de la chaussure, les systèmes de laçages pour soutenir l’arche plantaire, les supports d’arche, etc.)
5- Légèreté

Nous espérons que ces valeureux conseils vous aideront dans votre nouvelle aventure.
Bonne transition!

English

The minimalism trend in North America is now reaching a growing number of well-informed runners. While a majority of scientists, health professionals and coaches agree with the concept, some believe that the individual who wishes to transfer to barefoot or minimalist footwear must meet certain prerequisites.

Many are convinced that one must learn the good running technique (Chi Running, Pose Technique, Running Evolution, FBG, …) before turning to minimalism. These defenders of the « technique » are convinced that it is essential to minimize the impact forces (learn to run softer) or to integrate technical features such as reducing heel strike before removing or minimizing the shoes. This opinion comes from the idea that minimizing the interference is not sufficient by itself to induce essential biomechanical corrections in order to protect the skeleton.

Another school of thought promoted by health professionals is that one needs certain physical attributes before minimizing the shoe’s interface. Among these are minimal amounts of range of motion (ankle dorsiflexion and hallux extension) and of muscle strength and endurance (plantar flexors –going up on the ball of the foot) as well as good proprioception (ability to maintain balance on one leg).

The Running Clinic’s opinion is that while it may be interesting to meet these prerequisites, we do not think they are essential for transitioning to minimalism (very thin shoes or barefoot). Tissue tolerance is the limiting factor for most people in the process of adaptation. Since range of motion, strength and proprioception are usually not limiting factors, Blaise Dubois simply recommends being progressive during transition and to have full trust in the adaptation process. This means that our body will gradually improve its ranges of motion, strength and proprioception from the moment we start wearing minimalist shoes, if the transition is smooth and progressive. Minimalist shoes will induce better running biomechanics unconsciously. The Running Clinic has clinical experience of several thousands of minimalist shoes prescriptions, and our advices are sometimes only to be progressive and to listen to the body …

For a successful transition to minimalism, here are the three key points:

A. Progressivity : Using the « maximum 1 extra minute per day » rule is one of the best ways to make this transition. At the beginning of each training, just put on the minimalist shoes to run one minute more than in the previous training… then put back on the traditional shoes for the rest of the training.

B. Listening to the body: The five anatomical structures that are weakened by a traditional shoe will be the most « at risk of injury » structures as well. It is therefore essential to listen to the body and to be alert to new symptoms to the calf, the Achilles tendon, the bottom side of the foot (the plantar fascia and the metatarsal heads) and the top of the foot (metatarsal bones). New pain means that you’re progressing too fast.

C. Good choice : With the objective that the shoe does not interfere with the natural biomechanics, neurological sensations of the foot or tissue adaptations, minimalist footwear must meet certain criterias. Priorities are the following, starting with the most important:

1 – The « anatomical fit » (proper fit to minimize pressure points on your foot and toes)
2 – Minimal interference (minimal ramp angle and sole thickness to reduce the interference between the foot and the ground)
3 – Optimal flexibility (the shoe should be highly flexible in its entirety, mainly to the forefoot and the metatarsal heads)
4 – Avoid motion control technologies (the least possible technological support to increase stability such as a rigid calcaneal cup, anti-pronation reinforcements, outsole expansions, plantar arch support lacing systems, arch supports, etc.).
5 – Lightness

We hope these precious tips will be useful through your new endeavor.
Enjoy your transition!