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Archive for octobre, 2011

31
oct

Notre ère vs. les années 80 / Our era vs. the 80′s

English follows

(Par Lee-Manuel de La Clinique Du Coureur)  Un petit brin de vie: j’avais 6 ou 7 ans quand j’ai été introduit bien malgré moi à la course à pied au début des années 80 par mon sportif de voisin « Pilou » (Raymond Picard de son vrai nom) du chemin St-Jacques à Crabtree dans la région de Joliette au Québec. Pilou était le voisin « cool » avec qui moi, ma soeur et mes amis allions jouer au soccer et s’amuser sur son terrain. Il s’entraînait chaque année pour courir le Marathon de Montréal. Ma soeur et moi avions même passé naïvement la matinée à écouter le Marathon à la télé (diffusé à Radio-Canada à l’époque… pourquoi plus maintenant??) dans le but de le voir. Eh bien nous l’avions vu!! (avec beaucoup de chance!)

Quand j’ai commencé à m’intéresser à la course 20 ans plus tard (!!!), j’ai souvent tenté de me souvenir ce que j’avais appris en voyant Pilou courir: la fréquence de ses entraînements, la longueur de ses sorties, les chaussures qu’il portait, l’engouement général pour la course à pied, etc.

À force de travailler au coeur de la course à pied et de comparer le sujet présent avec le passé, beaucoup de questions me viennent quant aux différences et similitudes entre les 2 époques.

Mon ami Jimmy du « Coureur Nordique » à Québec m’a donné accès à une panoplie de mensuels d’athlétisme québécois des années 80 qui lui ont été offerts par un client satisfait (!) qui les avait dans son sous-sol et voulait s’en débarrasser. Ces petites revues jaunies sont de véritables bibles de statistiques et d’articles intéressants s’étant « biodégradés » et ayant disparu avec le temps. Mais quel plaisir de découvrir ces artefacts d’une époque enrichissante et c’est sur un ton d’auteur/coureur qui aime la compétition et le dépassement que je vous expose ceci:

On connait tous l’évolution que vit le sport en général au fur et à mesure que les décennies passent. La course à pied n’y échappe pas: les records du monde tombent sur toutes les distances et ça continuera. Toutefois, je dois dire que l’élite québécoise de l’époque n’a rien à envier à celle que l’on connait aujourd’hui. Pour ceux qui suivent les statistiques actuelles de la course à pied au Québec vous resterez surpris de voir ceci:

Les temps des meilleurs(es) en course à pied au Québec n’ont pas vraiment évolué. Quelles en sont les raisons? Il y a selon moi plusieurs hypothèses et je vous invite à laisser les vôtres en commentaires au bas de cet article.

Premièrement, j’ai le sentiment que le sport était pratiqué de façon plus compétitive que récréative à cette époque. Les coureurs devaient adhérer à la fédération annuellement et tout semblait vraiment très sérieux et encadré. Aujourd’hui, courir est un loisir pratiqué, je crois, beaucoup plus par plaisir qu’à l’époque. Rien de mal là-dedans! Au contraire, faire du sport sans le stress de bien performer c’est le bonheur de la majorité. Là où je vois un problème, c’est quand ces coureurs récréatifs se lancent dans les gros défis et cela semble être devenu une mode à travers les dernières années. Je ne suis pas en train de décourager ceux et celles qui veulent se dépasser, non. Mais je dis simplement que les grandes distances étaient plus respectées à l’époque. C’est la même chose chez nos cousins français, lu sur un forum sur internet.

Mais est-ce la seule véritable raison? Je ne peux pas croire que l’aspect extrême des esprits compétitifs se soit atténué autant? Au contraire, la jeunesse est plus orgueilleuse que ça! Bien sûr on l’attendait celle-là, mais est-ce l’avènement des grosses chaussures fin des années 80 qui a appauvri les performances? Pas impossible que ce soit un facteur. Et il est permis de croire que cette réalité s’étend à tout le peuple occidental qui s’est muni de ces grosses chaussures. Pendant quinze à vingt ans le choix de chaussures légères n’était peut-être pas aussi développé et promu qu’aujourd’hui. Et dès l’apparition de la notion du coussinage sous les chaussures on se posait déjà des questions en 1983…

Voici une liste d’évaluation de chaussures de l’époque:

À noter qu’elles sont évaluées en ordre de prix laissant croire inconsciemment que les plus coûteuses sont au top de la liste. 130$ pour une paire de chaussures en 1983! Ça c’est fort! J’aimerais pouvoir vous dire le prix qu’elle en coûterait aujourd’hui avec l’indexation de l’inflation!

Comme autre raison de l’absence globale d’amélioration des performances, il y a l’augmentation marquée du taux d’obésité chez les jeunes de plus en plus sédentaires avec des programmes d’éducation physique de plus en plus délaissés. Là-dessus, il y a eu plusieurs grands pas en arrière ces derniers temps et les jeunes en paieront malheureusement le prix de leur santé.

Est-ce aussi parce que la course à pied vit une renaissance après un peu plus d’une décennie à l’ombre d’autres sports?

Je serais curieux de me transporter dans quelques années d’ici pour connaître l’effet général de l’engouement actuel grandissant de la course à pied. Quelques exceptions nous donnent envie de se dépasser comme nos Canadiens Reed Coolsaet et Eric Gillis qui nous représenteront au marathon olympique de Londre en 2012 (2h10min et 2h11min) et beaucoup de Québécois(es) performants(es) qui n’ont pas fini de nous étonner. La course à pied est redevenue à la mode depuis quelques années, le nombre de clubs de course au Québec et l’accès à l’information pour mieux s’entraîner pourraient bien être de bons avantages par rapport à l’époque de Jaqueline Gareau,  … seulement si on ne reste pas assis à chercher trop longtemps devant notre écran!

English

I will quickly go over the french article above since it’s about the running population of the province of Québec here in Canada.
The whole idea is about a bunch of french canadian running magazines from the 80′s landed to me for reading purpose by my friend Jimmy who owns « Le Coureur Nordique », a running shoe store.
The magazines contain many local and provincial race results and the thing is: those race results are pretty impressive! So my question is: In an era where every sport, including running, sees a constant evolution in terms of pratice, results and records, why would the elite results of Quebec elite runners from our current time be about the same and even lower than what we can analyze in these magazines?
There has to be many factors, here are my assumptions:
- It could be that running was less recreative and more competitive at that time.
- It could be that shoes weren’t altering performances.
- It could be the general health condition
- It could be that the sport is sort of re-birthing after a few years lack of popularity and so the level of competition has to start all over.

What about YOUR area? Can you tell it could be a similar situation in your part of the planet?

18
oct

Boire avant d’avoir soif? / Drinking before getting thirsty?

English follows

Une des phrases que l’on m’a le plus répétées dans ma vie de pseudo-coureur était que mon signal de soif était en retard sur mon état d’hydratation. Il faut boire avant, il faut boire pendant et il faut boire après la course… toujours être bien hydraté et tenter de remplacer toute perte de poids en buvant suffisamment… avant d’avoir soif ! Ma question pour vous : l’être humain aurait-il encore une fois été si mal conçu ?

Voici 10 choses à savoir sur l’hydratation pour le marathonien

1. Il est normal, voire souhaitable pour sa santé et sa performance, de perdre de 2 à 4% de son poids de corps lors d’une épreuve comme le marathon (voir article de Goulet 2010 ). Plus les coureurs sont rapides, plus ils en perdent. Certains athlètes d’élite perdent même beaucoup plus… jusqu’à 10%… en courant très vite et en santé !

2. La couleur de l’urine est un bon indice de notre niveau d’hydratation, par contre, il est normal, voire souhaitable que l’urine soit plus foncée dans les heures suivant un marathon (perte d’eau, plus de produits de dégradation musculaire, …).

3. La consommation de liquide à des quantités qui maintiennent votre poids stable durant un marathon (« euhydration » en anglais) n’a que très peu d’effet sur le contrôle de l’hyperthermie. Lien intéressant à lire sur le sujet (anglais): Cliquez ici

4. Pour la très grande majorité des coureurs, la soif est un signal adéquat et suffisant dans la gestion de son ingestion de liquide.

5. Dans les épreuves d’endurance comme le marathon, la surconsommation de liquide a causé plus de problèmes médicaux que la sous-consommation.

6. Les cas d’hyponatrémie (manque de sel dans le sang – un des diagnostics les plus fréquemment observés chez le marathonien en complication) sont de type hypervolumique dans la grande majorité des cas et sont causés par une surconsommation de liquides. (Butler 2006 )

7. L’incidence de l’hyponatrémie n’est pas réduite par l’ingestion de liquide « isotonique » (traditionnellement distribué lors des marathons tels que Gatorade, Powerade, …) plutôt que de l’eau.

8. Lors d’une épreuve d’endurance, il est recommandé par le « International Marathon Medical Directors Association » de ne pas consommer plus de 400 à 800 ml par heure de liquide (isotonique ou pas). 800ml étant la limite maximale pour les personnes qui se connaissent comme suant abondamment et compétitionnant dans un environnement inhabituellement chaud.

9. Les recommandations de boire avant d’avoir soif, les stations d’eau trop rapprochées et les publicités de produits liquides isotoniques ont contribué à créer des habitudes d’hydratation inadéquates chez les coureurs récréatifs. Sans danger pour des épreuves relativement courtes, mais potentiellement mortelles lors de marathon.

10. Le corps humain a la capacité de gérer son état d’hydratation. Il s’adapte aux habitudes de l’individu et à l’environnement dans lequelle il évolue. Plusieurs coureurs ne boivent pas leurs 2 litres d’eau par jour, ne boivent que très peu durant leur longue sortie, ont des diètes très peu sodées -sans sel-, font plus de 100 km de course à pied par semaine, performent et tout cela en étant en santé !

Ces 10 points ont été exposés aux experts québécois dans le domaine. Sans nécessairement les réfuter, les experts avaient un discours plus dosé que le mien sur certains points par « évidences scientifiques insuffisantes pour conclure ». Je remercie à ce propos Mélanie Olivier, Éric Goulet et Hugues Plourde pour les échanges d’informations sur le sujet.

English

One of the things that have been the most repeated to me along my « pseudo runner’s » life was that my thirst signal was delayed from my hydration status. We have to drink before, during, and after a training… always be well hydrated and try to replace every weight loss by drinking sufficiently… before getting thirsty!

Here’s 10 things to know about hydration for the marathoner

1- It is normal and even wise for our health and performance to lose 2 to 4% of our body weight during an event like the marathon (see article by Goulet 2010 ). The faster the runners are, the more they will lose. Some athletes lose even more… up to 10% … by running faster and healthy!

2- The color of urine is a good indicator of our level of hydration, but on the other hand it is normal and even a positive thing of our urine to be darker in the hours following a marathon. (water loss, more muscle degradation products, …)

3- Fluid consumption in amounts that keep your weight stable for a marathon (« euhydration » in English) has very little effect on the control of hyperthermia. Click here for an interesting link on the subject.

4- For the vast majority of runners, thirst is an adequate and sufficient signal in managing their fluid ingestion.

5- In endurance events like the marathon, the overconsumption of fluid caused more medical problems than under-consumption.

6- Cases of hyponatremia (low salt in the blood – one of the most common diagnosis seen in the marathoner in complication) are of the hypervolume in most cases and are caused by excessive consumption of fluids. (Butler 2006 )

7- The incidence of hyponatremia is not reduced by the ingestion of « isotonic » liquids (traditionally distributed in marathons such as Gatorade, Powerade, …) rather than water.

8- In a trial of endurance, it is recommended by the « International Marathon Medical Directors Association » not to consume more than 400 to 800 ml per hour of liquid (isotonic or not). 800ml being the maximum limit for people who know themselves as sweating profusely and competing in an unusually warm environment.

9- Recommendations to drink before you feel thirsty, water stations being too close together and advertisements of isotonic liquids helped create inadequate hydration habits within recreational runners. Safe for relatively short trials, but potentially fatal in marathon.

10- The human body has the ability to manage its state of hydration. It adapts to the habits of the individual and the environment in which it operates. Many runners do not drink their 2 liters of water a day, drink very little during their long run, have very low sodium diets -salt-free-, do more than 100 km of running per week, and perform all that being healthy!

These 10 points have been exposed to Quebec experts in the field. Not necessarily refuting the whole thing, the experts had a more measured speech than mine on some points due to « insufficient scientific evidence to conclude. » I would like to thank Melanie Olivier, Eric Goulet and Hugo Plourde for the exchange of information on the subject.