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Archive for décembre, 2011

31
déc

Courir sur la neige / Running on snow

English follows

L’hiver est là. Quelques coureurs saisonniers en profiteront pour se régénérer et penser à autre chose pendant que les mordus se frottent les mains à l’idée de courir enfin en situation de fraîcheur avec un beau lit blanc pour accueillir leurs pas. Avec les vêtements adéquats (pas trop chauds et pas trop froids), il est possible de vivre une superbe saison de course.

La course sur la neige l’hiver a beaucoup d’avantages mais aussi quelques inconvénients auxquels il faut faire attention.
Les avantages sont:
1- Atterrir sur la neige tapée irrégulière est un excellent stimuli pour tout ce qui touche la proprioception et la stimulation des muscles stabilisateurs.
2- Cette saison est souvent la suite de la saison morte et de la période des résolutions… Profitez-en pour changer vos mauvaises habitudes! (chaussures, nutrition, type d’entraînement, …)
3- C’est un bon moment d’intégrer en douceur les chaussures plus minimalistes (plusieurs excellentes avec des crampons de trail) et un patron de course plus léger et plus efficace. La neige glissante vous entraînera automatiquement à faire de plus petits pas pour ne pas glisser et la nature irrégulière de la neige permettra de passer d’une attaque talon à une attaque mi-pied en douceur.
4- La joie de courir sans se préoccuper des coups de chaleur.

En revanche, il faut faire attention aux dangers suivants:
1- Dans le dernier segment de la foulée, la poussée amène le pied à glisser davantage. Ceci qui produit un léger effet « slingshot / toe off » en flexion plantaire (le pied pointe exagérément) ce qui peut amener des problèmes de pied, de tendon d’Achille voir de dos.
2- Danger d’engelures par grands froids. Il faut bien se couvrir le visage.
3- Danger de « brûler » les voies respiratoires si plus froid que -15C à -20C.

Il est important de toujours être progressif dans ce changement de saison car la nouvelle surface amène un changement de biomécanique aussi petit soit-il. La Clinique Du Coureur vous recommande donc de couper votre volume de course en 2 pour les premières neiges et prendre 2 à 3 semaines pour revenir à votre volume régulier. Il serait important de favoriser le volume plutôt que la vitesse en cette saison car en plus des changements biomécaniques induits par les nouvelles surfaces, le froid et les efforts intenses semblent incompatibles sur certains points : l’échauffement des muscles, tendons et articulations est plus laborieux et augmente substantiellement le risque de claquages, tendinites et douleurs articulaires tandis que la respiration haletante pourrait irriter voire brûler les voies respiratoires. Donc profitez de cette belle saison pour vous faire une base en volume et vous renforcer en courant sur des surfaces molles et instables en chaussures ou en raquettes!

Bon hiver!

English

Winter is here. Some seasonal runners will take this time off to regenerate themselves and to think about something else as the passionate runners are rubbing their hands with the idea of running in fresh cold weather on a white welcoming winter bed. With adequate clothing (not too warm, not too cold) it is possible to enjoy a superb running season.

Running on snow has many advantages but also some disadvantages that we have to be careful with.
The advantages are:
1- Landing on irregular flattened snow is an excellent stimulus for everything that touches proprioception and stimulation of stabilizer muscles.
2- This season is often next to the off-season and the resolutions period… Use it to change your bad habits! (shoes, nutrition, training type,…)
3- It is also a good time to integrate smoothly more minimalist shoes (lot of them with excellent trail crampons) and a lighter and more efficient running gait. The slippery snow will automatically get you to run with smaller strides to avoid skidding and the irregular nature of the snow will allow to switch from heel to midfoot strike way easier.
4- The joy of running without worrying about heatstroke.

In revenge, we have to pay attention to the following dangers:
1- In the last segment of a foot stride, the push brings the foot to skid on the snow. This produces a slight « slingshot / toe off » effect in plantar flexion (foot exaggeratedly pointing) which can bring foot, Achilles tendon, and also back problems.
2- Danger of frostbites with very cold weather. Run with face well covered.
3- Danger to « burn » your airways if colder than -15C to -20C. (5F to -4F)

It is important to always be progressive in this season change because the new surface brings even very little biomechanics changes. Therefore, The Running Clinic recommends to cut your running volume in half for the first snowfalls and to take 2 to 3 weeks to come back to your regular training. It is also important to privilege running volume rather than speed during winter because in addition to biomechanical changes inducted by new surfaces, cold and strong efforts seem incompatible on certain points: Warming up muscles, tendons and joints is more laborious and substantially increases the risks of pulled muscle, tendinitis, joint pain… and the cold air gasping could irritate or burn your airways. So use winter for good volume training and to strengthen up by running on soft uneven surfaces in shoes or snowshoes!

Enjoy winter!

8
déc

Débat sur la chaussure, Austin-Texas / Austin-Texas debate on footwear

English follows

Panélistes :

Simon Bartold : podiatre, Consultant pour ASICS International Research.
Force : excellent orateur, habitué de présenter devant une audience de détaillants de chaussures.
Faiblesse : biaisé par sa position.

Blaise Dubois, physiothérapeute
Force : connaît bien l’ensemble de la littérature sur le sujet.
Faiblesse : présente la controverse dans un langage qu’il maîtrise mal (l’anglais) devant une audience de détaillants.

Daniel Crumback, physiothérapeute
Force : clinicien à l’avant garde qui amène toujours à la réflexion… fait le pont pratique entre la science et la réalité des détaillants de chaussures.

NB : L’objectif de ce rapport-ci n’est pas de démarrer une guerre d’égo, mais plutôt de clarifier l’essentiel de ce débat scientifique pour ne pas laisser une fois de plus les auditeurs dans l’ignorance.

Les points sur lesquels tous s’entendent
-       La cause des blessures en course à pied est relative à des facteurs d’entraînement bien avant la chaussure
-       Le corps est adaptable, il est unique et différent pour chaque individu
-       L’importance dans la vente de chaussures est la personnalisation… éviter le « one size fit all »
-       Les détaillants ont un rôle déterminant sur le consommateur par leurs compétences élaborées, non pas seulement en fitting, mais aussi en en tant qu’acteur de première ligne. Ils sont les mieux placés pour  donner des conseils relatifs à la santé, à la course à pied en général, à l’entraînement, à la prévention des blessures, …

Ce que nous avons appris de Simon

-       Simon a encore une fois réussi à faire croire à tous que sa compagnie était un leader de recherche en étant associée à plein d’universités…
-       Sans dire directement que la chaussure traditionnelle classique (nimbus… cumulus…) prévenait les blessures, il semblait convaincu que ces chaussures étaient meilleures pour (?)… des facteurs biomécaniques précis (mais non en lien avec les blessures)
-       Selon lui, c’est trop difficile de faire une étude directement sur les blessures, ce qui justifie l’absence de littérature de leur part sur le sujet. (Note : certains études en cours par chercheur indépendant sont présentement en cours à Boston, Afrique du sud et Québec… à suivre)

Les questions importantes pour Simon… auxquelles il n’a pas répondu

-       Est-ce que la personne qui débute un programme de course en Nimbus a plus ou moins de chance de se blesser que celle courant en Piranha ?
-       À partir de quel âge devrions-nous recommander des chaussures traditionnelles (Big bulky shoe)? Que met-on aux pieds de nos jeunes enfants ?

Résumé du débat

Blaise : « Je connais bien Daniel et nous sommes presque sur la même longueur d’ondes relativement à la chaussure… Le débat était donc plus avec Simon. Nos idées sont dramatiquement opposées. Je pensais qu’il serait un bon débateur grâce à ses connaissances de la littérature… j’ai réalisé que c’était un excellent débateur qui argumente sans grandes évidences scientifiques. »

Simon a franchement gagné le débat. Il connaît bien la recette.

1. Valoriser l’auditoire et faire accepter avec humour le biais commercial important qui unit le conférencier
2. Discréditer les concurrents et ce qu’ils ont exposé
3. Justifier ses points avec une littérature scientifique parfois floue, complexe ou biaisée mais qui semble acceptable
4. Finir avec une phrase magique qui revalorise l’auditoire « it’s not true that one size fit all »

Blaise :  «Simon a été d’un point de vue scientifique très malhonnête. Son discours n’aurait pas tenu 2 minutes devant une audience de scientifiques. Mais comme conférencier, il est très à l’aise et sait bien amener son point. Dommage qu’il ne parle pas français… J »

 

En reprenant chacun des points que Blaise défendait lors du débat public de Montréal quelques mois auparavant, son exposé était construit sur : reprendre une citation de Blaise, mentionner que son« bullshit-o-meter » était dans le rouge et présenter un contre argument.

Blaise : « Je suis bon joueur… son bullshit-o-meter était drôle… je me suis senti bien populaire d’être plus cité que l’ensemble des autres auteurs qu’il a mentionnés»

 
Ses contre-arguments scientifiques, résumé en 7 articles, faisaient référence à des articles parfois non existants, souvent non pertinents et surtout toujours unique (l’exposition d’un seul article montrant son point quand 10 autres non exposés montrent le contraire)

 

Blaise :  « Les 7 articles cités dans son exposé étaient loin de la réalité de la littérature. On peut toujours trouver un article qui dit OUI et un autre qui dit NON. C’est important d’avoir un regard de l’ensemble de ce qui s’écrit. Par exemple, il a mentionné à plusieurs reprises l’étude de Clark-2011 (NB Clark travaille pour ASICS sports Medicine Research Fellow Centre for Health) pour montrer que les chaussures diminuaient la force d’impact… Une étude non existante sur les banques de données et montrant le contraire de 10 autres ! Ou celle de Kinchington cité comme preuve que la bonne sélection des chaussures prévient les blessures et est plus confortable… pour 40 joueurs de rugby… oui-oui, de rugby. Pour moi, c’est vraiment sous-estimer la capacité de réflexion et de discernement de l’audience. Autant il aura marqué des points durant sa conférence, autant il perdra sa crédibilité lorsque la conférence sera analysée. (un vidéo sera prochainement présenté et commenté) »

 
Le plus comique de tout ça est qu’il a fini sa présentation en faisant un superbe pitch publicitaire. Il a présenté la technologie qui va prochainement sortir chez Asics, en mentionnant que ça respectait l’anatomie du pied, les axes de mouvement… bref une autre idée magique qui sera mise sur le marché sans aucune évidence scientifique en faisant croire que c’est la meilleure chaussure au monde et que la recherche et développement en arrière justifient son prix élevé…

Blaise :  « On se revoit en mars pour un débat en Australie… mon anglais ne sera pas meilleur mais l’audience plus variée et MON « bullshit-o-meter » allumé !»

Lee Manuel Gagnon

 


 

English

 

Panellists:

Simon Bartold: podiatrist, ASICS International Research Consultant
Strengths: Excellent speaker, used to present in front of audiences of retailers.
Weakness: Biased by his position (ASICS)

Blaise Dubois, physiotherapist
Strength: Knows well the literature on the subject.
Weakness: Presents controversy in a language that’s not his (English) in front of a retailers audience.

Daniel Crumback, physiotherapist
Strength: Clinician at the avant-garde that always brings people to think…

NB : The objective here with this report wasn’t to start an ego war but to clarify the essence of this scientific debate

 

Points where everyone agrees

-       The cause of injuries running is related to training factors more than to shoes.
-       The body is adaptable and unique
-       The importance in shoe selling is the personalization… avoid the « one size fits all »
-       Retailers have a determinant role on consumers by their elaborate competences not only in fitting but also by being the front line players. They have the main spot to give tips related to health, running in general, training, injuries prevention, …

What we learnt about Simon

-       Simon again succeeded to make everyone believe that the company he works for (ASICS) is a leader in research by being associated to many universities around the world.
-       Without directly saying that traditional shoes prevent from being injured, he seemed convinced that his shoes were better for (?)… precise biomechanics factors (but not related with injuries).
-       According to him, it is too difficult to do a study oriented specifically on injuries, which justifies to them the absence of literature on the subject. (note: some protocols are presently undergoing by independent researchers in Boston, South Africa and Québec… to follow)

 

Important questions for Simon that he did not answered

-       Does the person that starts a running program in a pair of Nimbus (big shoe from ASICS) has more or less chances to get injured than running in a pair of Piranhas (ASICS’s most minimal shoe)?
-       At what age should we recommend a traditional shoe? What should our children wear?

Debate recap

Blaise : “I know Daniel well enough and we are almost at the same page when speaking about running shoes… The debate was so more against Simon. Our ideas are dramatically opposed. I thought he was going to be a good debater relying on his knowledge of literature… I realized that he’s an excellent debater that argues without good look on literature.”

Simon has frankly won the debate. He knows the recipe really well.

1. Valorize the audience and, with humour, make them accept the important commercial bias which the speaker is involved with.
2. Discredit opponents and what they exposed.
3. Justify his points with complex, biased, unclear scientific literature but that seems acceptable
4. Finishing with a magic quote to revalorize the audience like “It’s not true that one size fits all”

Blaise :  “Simon hasn’t been honest on a scientific point of view. His speech would not have held 2 minutes in front of a scientific audience. But as a speaker he is very comfortable and knows how to do to share his point. Too bad he doesn’t speak French!J “
 

By commenting on every points that Blaise defended at the KMag’s debate in Montreal, his presentation was to pick a citation from Blaise, then mention that his “bullshit-o-meter” was in the red zone and to present a counter-argument.

Blaise : “I’m a good player… his bullshit-o-meter was funny… I felt very popular to be cited more than all the other authors that he mentioned.”

 
His scientific counter-arguments were referring to 7 articles sometimes not existing, often non-pertinent, and especially always single (exposing only one article showing his point when 10 others show the opposite)
 

Blaise : “ The 7 articles quoted in his presentation were far from literature’s reality. We can always find an article that says YES and another that says NO. It is important to have a look on all what’s written. For example, he mentioned many times the study of Clark-2011 (note that Clark works for ASICS Sports Medicine Research Fellow Centre for Health) to show that shoes lowered impact force. A study that is non-existing on databases and showing the opposite than 10 others.” Or the one from Kingchinton cited as proof that the god selection of shoe prevents injuries and is more comfortable… for 40 Rugby players… yes… Rugby. To me this is really under-estimating the capacity of reflexion and discernment of the audience. As much as he  scored points during his presentation, as much he will lose his credibility when the conference will be analysed. (a video will be soon presented and commented) »

 
The funniest thing in all this is that he used his presentation (at the end of it) by giving a superb scoop to all the retailers showing a new technology that ASICS will soon promote, mentioning that it was going to represent foot’s anatomy with its axis of movement… another magic idea that will be put on the market without any scientific evidence and making the consumers believe that it is the best shoe in the world and that research and development behind it justify its high price.

Blaise :  “We will meet again in Australia… my English is not going to be better but the audience will be more varied and MY “bullshit-o-meter” will be well turned on. “