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8 février 2012

11

Étirement des mollets / Calves stretching

English follows

Pourquoi La Clinique Du Coureur recommande-t-elle d’éviter le plus possible les étirements des mollets chez le coureur?

1) C’est le muscle le plus souvent claqué chez le coureur de fond et de demi-fond. Nous devrions dire même qu’il est pratiquement le seul. Les données scientifiques actuellement disponibles nous amènent donc à recommander d’éviter les étirements avant ou pendant une activité à contractions musculaires rapides… comme le jogging.

2) L’amplitude nécessaire en course à pied n’est pas aussi importante que l’amplitude dans laquelle on étire notre mollet. En d’autres mots, on étire au-delà de ses besoins ce qui est inutile et potentiellement néfaste.

3) D’un point de vue performance, une certaine raideur (leg stiffness) est souhaitable pour diminuer le travail musculaire du triceps sural (mollet) et augmenter le retour élastique (énergétiquement peu coûteux et beaucoup plus efficace).

Nous recommandons d’étirer le mollet dans des conditions pathologiques particulières, pour des individus particuliers et à des moments précis comme le soir avant de se coucher. Pour plus d’infos, ne manquez pas nos conférences grand public!

 

English

Why does The Running Clinic recommend to runners to avoid as much as possible to stretch calves?

1) It’s the most often strained muscle in distance and middle-distance runners. We should even say that it is practically the only one. Current available scientific datas bring us to recommend to avoid stretching before or during an activity that involves quick muscular contractions… like jogging.

2) The amplitude needed when running is not as important as the amplitude in which we stretch our calf. In other words, we stretch beyond our needs which is unnecessary and potentially harmful.

3) In a performance point of view, a certain leg stiffness is desirable to reduce the  muscular work of the triceps surae (calf) and to increase springback (energetically less costing and way more efficient).

We recommend to stretch calves in specific pathological conditions, for particular individuals and at precise moments like at night before going to bed. For more information, don’t miss our general public conferences!

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11 Comments Post a comment
  1. Stephane Borloz
    fév 8 2012

    Salut Blaise!

    si je te rejoins sur la plupart de ces points, je préciserai qu’un certaine raideur est souahitable pour la performance, mais qu’une certaine « longueur » est souhaitable en prévention des tendinopathies d’Achille.

    Il est vrai que les athlètes d’un certain niveau ont pour la majorité une amplitude largement suffisante et s’étirent à outrance. Mais pour un grand nombre de coureurs plus occasionnels, on constate une chaîne postérieure courte. Ces coureurs là recherchent en général plus une activité physique de loisir et saine, sans souci de performance, et doivent effectuer un travail de souplesse conjointement à leur activité sportive.

    Je te rejoins dans le fait qu’il est inutile, voire néfaste de s’étirer avant et pendant l’effort. Je considère pour ma part que le stretching est une unité d’entrainement en soi, et qu’elle doit être soit intégrée à l’unité de course, avant le traditionnel « retour au calme » (dont on ne va pas discuter les modalités ici… ;-) ), soit comme unité individuelle, à distance des unités des courses, mais pas nécessairement le soir avant de se coucher.

    Meilleures salutations de Suisse!
    A bientôt.
    Stéphane

    Répondre
    • Veronique
      fév 8 2012

      Question: Un coureur qui porte une orthèse plantaire a généralement le talon un peu surélevé dans la chaussure. Si ce même coureur désire retirer ses orthèses pour améliorer ses performances, il risque de développer des blessures aux tendons d’achilles et fascia plantaire si sa progression est inadéquate.

      Est-ce que, dans ce cas-là, l’étirement du mollet, le soir à froid, pourrait faire parti de la progression du coureur ? Selon moi, dans cette situation, l’étirement aurait pour but de préparer le muscle et le tendon à travailler en mouvement d’extension (plus que lorsqu’il porte son orthèse à la course).

      Bref, recommanderiez-vous les étirements du mollet pour ce coureur ? Est-ce que je fais fausse route?

      Merci!
      Véronique

      Répondre
    • fév 8 2012

      Salut Stéphane,

      D’accord avec ce que tu avances. La science étant si floue sur le sujet du « quand » et « comment » que bon nombre de pratiques sont acceptables… même si basées sur l’expérience personnelle.

      Je m’interroge par contre sur un point que tu avances et sur lequel j’apporterais un bémol : La flexibilité de la chaine postérieure n’a pas été identifiée comme un facteur de risque des tendinopathies d’Achille… et le stretching comme un traitement aidant (ce facteur est toujours associé à des facteurs confondants comme le renforcement excentrique).

      Mon avis : le stretching est un traitment de la raideur et non de la tendinopathie. Je ne donne pas cet exercice à plus de la moitié des personnes qui me consultent avec une tendinopathie d’Achille.

      Ce serait cool de boire un cubbeli ensemble lors de mon passage l’automne prochain.
      A+

      Répondre
      • Stephane Borloz
        fév 9 2012

        Kaufman & Al. (1999, am j sports med)entre autres retient un manque de dorsiflexion comme facteur de risque de tendinopathie. D’autres études ne le retiennent pas. La proportion de personnes à qui on peut conseiller le stretching dépend bien entendu du type de patientèle que l’on voit. Pour ma part, je retrouve très fréquemment des gastrocnémiens courts avec quasi absence de dorsiflexion genou tendu chez les patients avec tendinopathie d’Achille. Peut-être y a-t-il aussi des différences de prévalence entre nos continents?

        Je suis entièrement d’accord avec toi sur le travail excentrique dans le traitement. C’est certainement le traitement avec le meilleur niveau d’évidence à l’heure actuel.

        Volontiers pour un cubbeli quand tu passes dans nos contrées! Fais moi signe un peu avant d’être ici.

        Répondre
      • fév 12 2012

        Salut Stéphane,
        Pas si certain que ce soit les continents… on est tout de même vos cousins :) . Par contre la définition de « la normale » et la manière de tester sont probablement plus en cause dans nos visions respectives.

        L’étude de Kaufman est une bonne étude prospective. J’ai par contre un peu de peine avec ses conclusions « These risk factors include dynamic pes planus, pes cavus, restricted ankle dorsiflexion, and increased hindfoot inversion »… puisqu’en contradiction avec plusieurs autres, entre autres sur le type de pied (planus-cavus).

        Pour la flexibilité de la cheville PLUSIEURS autres études ont démontré que le degré d’amplitude à la cheville n’était pas associé aux pathologies de l’appareil locomoteur (Buist-2010, Miller-2006, Dixon-2006, Willems-2006, Reinking-2006, Lun-2004, Rome-2001, Bennett-2001, Duffrey-2000, Hreljak-2000, McCrory-1999, Wen-1997, Messier-1991, Montgomery-1989, Messier-1988)… d’où l’importance de garder une vision large de la littérature.

        Je persiste à croire donc, que la flexibilité doit être personnalisée (en fonction de la raideur trouvée) et de se définir des « normales » larges de possibilités puisque la science ne nous supporte que très peu dans ce que l’on définit comme problématique ou non.

        A+

        Répondre
  2. ly3g
    fév 8 2012

    Hi Blaise…I am a new follower to your website/blog and have learned so much! After 10 years of wearing orthotics and cushiony running shoes with persistent shin splints, I started transitioning to minimalist shoes over the holidays and am now starting to remove my orthotics for short periods until I adjust. What a change! I definitely feel a slight tightness in my calves and always stretch after my run…are you saying I shouldn’t? Thanks!

    Répondre
    • fév 8 2012

      If you feel better why not! Don’t change your habit except if you are hyperflexible.

      But I’m skeptical that you can decrease DOMS (delayed onset muscle soreness) with stretching. (ref : Hebert – Cochrane Review 2007)…

      Répondre
  3. mathilde
    août 12 2012

    tout à fait d’accord. C’est d’ailleurs après m’être trop étirée les mollets que j’ai eu une douleur (légère) au tendon d’achille…j’espère qu’elle va partir bientôt.

    Répondre
  4. Lizy
    avr 30 2013

    Bonsoir.

    Moi mon problème est que j’aimerais perdre du mollet (trop gros) et pour cela on m’a conseillé de bien m’étirer, après 30min de course à pieds.

    Pourriez-vous me dire, si c’est efficace ?

    Merci

    Répondre

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